23/05/2026 - 27/09/2026

Présenté dans
la Galerie du Soir
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Vernissage : 23 mai à 18h30

Michela Cane. Chi Ama Non Dimentica

www.lesoir.be. 

Pour cette nouvelle édition de la Galerie du Soir, notre choix s ́est porté sur Michela Cane.
Un peu partout dans le monde, le foot fait courir les foules et flamber les passions. Mais nulle part autant qu’à Naples, on ne communie dans le culte d’un seul et même dieu du ballon rond : Diego Armando Maradona. Michela Cane n’était pas née lorsque « el pibe de oro » enflammait le public napolitain. Pourtant, c’est au culte qu’on lui voue aujourd’hui qu’elle consacre un étonnant travail auquel les visiteurs sont invités à participer.

« A priori, je n’ai absolument rien en commun avec Naples » explique-t-elle. « Je suis née dans un petit village de 200 personnes dans les Alpes italiennes. Dès mes 12 ou 13 ans, j’ai commencé à photographier tout ce qui m’entourait. Notamment dès qu’on partait avec l’école. Je suis née et j’ai grandi dans le monde des smartphones et je photographiais en digital. L’argentique est venu plus tard. »

Attirée par l’univers de la création, elle étudie dans un lycée artistique. « Je ne sais pas d’où ça m’est venu. Absolument personne ne s’intéressait à ça dans mon entourage. Mais j’ai su très tôt que je voulais partir, voir d’autres univers et la photographie m’a aidée à le faire. » Le grand saut a lieu au moment du covid. « Je voulais quitter l’Italie. À cause de la manière dont les choses étaient gérées dans mon pays et en raison du fait qu’on y trouve peu d’écoles d’art. Ou alors des écoles
« professionnalisantes » où on ne s’intéresse qu’à la photo de mode. Donc j’ai regardé ce qu’il y avait ailleurs et j’ai découvert La Cambre à Bruxelles. » Curieusement, c’est par ce biais qu’elle va retourner en Italie. Et plus particulièrement à Naples. « Il y avait un projet pour la Maison de l’Histoire européenne, auquel les étudiants de La Cambre participaient. Je devais travailler sur le thème de « la fabrication d’un héros ». Deux photographes reconnus proposaient des séries sur Jean-Paul II pour l’un et Kemal Ataturk pour l’autre. La religion et la politique ! Qu’est-ce que je pouvais apporter en plus ? Maradona m’a semblé approprié. C’est l’aspect populaire. Et c’est pourquoi j’ai voulu proposer un projet auquel les visiteurs peuvent participer. »
Des stickers façon images Panini sont en effet disponibles, invitant chacun à prendre part à une gigantesque fresque. Au cœur de celle-ci, Maradona évidemment. « Dans le foot, ce qui m’intéresse, c’est le regard des gens. La passion. Et ça, on la ressent directement à Naples. Je viens du Nord mais j’ai des amis très proches à Naples et j’y vais souvent. Son image m’a beaucoup intéressée, de même que ce qu’il a représenté pour les Napolitains. J’ai réalisé toutes mes images durant la semaine anniversaire de sa mort où des événements ont lieu dans toute la ville. Il y a des célébrations, pas très éloignées des célébrations religieuses. Il est fêté comme un dieu, avec des chants à sa gloire. C’est un vrai culte, une vénération qui unifie les gens les plus divers. Et en même temps, il y a des événements sportifs, une grosse fête au stade, etc.» Si l’idée d’utiliser des images d’archives l’a intéressée au départ, elle y a rapidement renoncé. « C’était inutile par rapport à mon projet. Je n’ai utilisé que ce que j’ai vu sur place. C’est fou le nombre d’images de lui qui circulent, sous toutes les formes, partout dans la ville. N’importe qui peut aller à Naples aujourd’hui et voir ce que j’ai vu. La photo m’a poussée à aller sur les lieux où il a vécu, où des choses importantes se sont passées, dans des bars où on expose comme des reliques des objets qu’il aurait touchés...» Une quête qui a donné naissance à un incroyable patchwork d’images sous le titre « Chi ama non dimentica ». Celui qui aime n’oublie pas...

Jean-Marie Wynants

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Dans le cadre de leur partenariat, Le Soir et le Musée de la Photographie ont lancé la Galerie du Soir. Parallèlement à chaque nouvelle grande exposition du Musée, la Galerie du Soir présente un jeune artiste à découvrir. Un pari sur l ́avenir décliné en quatre volets : un accrochage réduit mais significatif au Musée, un portfolio dans la revue Photographie ouverte, une présentation du photographe dans les pages du Soir et une sélection de son travail sur le site www.lesoir.be

Pour cette nouvelle édition de la Galerie du Soir, notre choix s ́est porté sur Michela Cane.
Un peu partout dans le monde, le foot fait courir les foules et flamber les passions. Mais nulle part autant qu’à Naples, on ne communie dans le culte d’un seul et même dieu du ballon rond : Diego Armando Maradona. Michela Cane n’était pas née lorsque « el pibe de oro » enflammait le public napolitain. Pourtant, c’est au culte qu’on lui voue aujourd’hui qu’elle consacre un étonnant travail auquel les visiteurs sont invités à participer.

« A priori, je n’ai absolument rien en commun avec Naples » explique-t-elle. « Je suis née dans un petit village de 200 personnes dans les Alpes italiennes. Dès mes 12 ou 13 ans, j’ai commencé à photographier tout ce qui m’entourait. Notamment dès qu’on partait avec l’école. Je suis née et j’ai grandi dans le monde des smartphones et je photographiais en digital. L’argentique est venu plus tard. »

Attirée par l’univers de la création, elle étudie dans un lycée artistique. « Je ne sais pas d’où ça m’est venu. Absolument personne ne s’intéressait à ça dans mon entourage. Mais j’ai su très tôt que je voulais partir, voir d’autres univers et la photographie m’a aidée à le faire. » Le grand saut a lieu au moment du covid. « Je voulais quitter l’Italie. À cause de la manière dont les choses étaient gérées dans mon pays et en raison du fait qu’on y trouve peu d’écoles d’art. Ou alors des écoles
« professionnalisantes » où on ne s’intéresse qu’à la photo de mode. Donc j’ai regardé ce qu’il y avait ailleurs et j’ai découvert La Cambre à Bruxelles. » Curieusement, c’est par ce biais qu’elle va retourner en Italie. Et plus particulièrement à Naples. « Il y avait un projet pour la Maison de l’Histoire européenne, auquel les étudiants de La Cambre participaient. Je devais travailler sur le thème de « la fabrication d’un héros ». Deux photographes reconnus proposaient des séries sur Jean-Paul II pour l’un et Kemal Ataturk pour l’autre. La religion et la politique ! Qu’est-ce que je pouvais apporter en plus ? Maradona m’a semblé approprié. C’est l’aspect populaire. Et c’est pourquoi j’ai voulu proposer un projet auquel les visiteurs peuvent participer. »
Des stickers façon images Panini sont en effet disponibles, invitant chacun à prendre part à une gigantesque fresque. Au cœur de celle-ci, Maradona évidemment. « Dans le foot, ce qui m’intéresse, c’est le regard des gens. La passion. Et ça, on la ressent directement à Naples. Je viens du Nord mais j’ai des amis très proches à Naples et j’y vais souvent. Son image m’a beaucoup intéressée, de même que ce qu’il a représenté pour les Napolitains. J’ai réalisé toutes mes images durant la semaine anniversaire de sa mort où des événements ont lieu dans toute la ville. Il y a des célébrations, pas très éloignées des célébrations religieuses. Il est fêté comme un dieu, avec des chants à sa gloire. C’est un vrai culte, une vénération qui unifie les gens les plus divers. Et en même temps, il y a des événements sportifs, une grosse fête au stade, etc.» Si l’idée d’utiliser des images d’archives l’a intéressée au départ, elle y a rapidement renoncé. « C’était inutile par rapport à mon projet. Je n’ai utilisé que ce que j’ai vu sur place. C’est fou le nombre d’images de lui qui circulent, sous toutes les formes, partout dans la ville. N’importe qui peut aller à Naples aujourd’hui et voir ce que j’ai vu. La photo m’a poussée à aller sur les lieux où il a vécu, où des choses importantes se sont passées, dans des bars où on expose comme des reliques des objets qu’il aurait touchés...» Une quête qui a donné naissance à un incroyable patchwork d’images sous le titre « Chi ama non dimentica ». Celui qui aime n’oublie pas...

Jean-Marie Wynants

Photo de Michela Cane. Chi Ama Non Dimentica, <p>Michela Cane, de la série <em>Chi Ama Non Dimentica</em> © Michela Cane</p>

Michela Cane, de la série Chi Ama Non Dimentica © Michela Cane