L’œuvre du mois de septembre
Comme beaucoup d’images anonymes – dont certaines ont déjà été mises en avant comme œuvre du mois –, l’histoire de cette photographie nous échappe. Acquise à l’époque par le précédent conservateur du Musée pour sa collection personnelle, elle a été proposée plus tard à la collection du Musée, rejoignant ainsi les autres images qui constituaient, avec elle, l’exposition Quelque chose présentée en nos murs en 2009.
Comme beaucoup d’images anonymes – dont certaines ont déjà été mises en avant comme œuvre du mois –, l’histoire de cette photographie nous échappe. Acquise à l’époque par le précédent conservateur du Musée pour sa collection personnelle, elle a été proposée plus tard à la collection du Musée, rejoignant ainsi les autres images qui constituaient, avec elle, l’exposition Quelque chose présentée en nos murs en 2009. C’est sans doute parce qu’elle possédait, en effet, ce « petit quelque chose » d’insaisissable qu’elle avait été choisie à l’époque – et probablement extraite, par le vendeur initial, des autres photographies d’un lot et de son contexte d’origine.
Parfois, légendes, notes ou images voisines nous en apprennent davantage, ou le hasard des recherches dans d’autres institutions permet de tisser des liens. Parfois encore, un descendant reconnaît un membre de sa famille, ou se reconnaît lui-même, via l’étendue d’internet – que ce soit grâce à notre base de données en ligne ou à notre présence sur les réseaux sociaux. Mais certaines images semblent vouloir conserver leur part de mystère. C’est donc à nous d’essayer de les déchiffrer, et de les interpréter, bien que subjectivement.
La beauté de cette image tient probablement à sa maladresse et à la poésie qui en émane. Deux femmes endormies dans l’herbe, blotties l’une contre l’autre ; un jeune corps masculin dont les extrémités s’échappent du cadre ; la sacoche, sans doute celle du photographe, posée au sol. En s’offrant la douce liberté d’interpréter cette image, on peut joyeusement imaginer que son auteur s’est réveillé d’une sieste estivale, a perçu l’éclat du moment, et a voulu l’immortaliser. Et si on s’aventure plus loin dans l’interprétation, peut-être était-ce aussi l’occasion de dérober discrètement un portrait d’une des deux protagonistes à l’arrière-plan. On imagine le photographe hésitant, de peur de les réveiller, et craignant de venir perturber le calme de la scène.
Bien qu’elle ne constitue qu’une interprétation parmi d’autres, cette lecture permet de souligner les possibilités évocatrices d’une image dénuée de contexte. La photographie s’ouvre alors comme un espace de projection convoquant les doux souvenirs d’étés passés et de siestes prolongées.
Anonyme, Belgique, ca 1940. Épreuve à la gélatine argentique, tirage d’époque,8 x 5,4cm. Coll. Musée de la Photographie MPC 2021/6.17
