08 avril 2026

Vincent Catala. Île Brésil


Les photographies de Vincent Catala ne coïncident pas avec les représentations classiques, voire officielles, du Brésil. Les stéréotypes lumineux de joie, de rythme, d’exotisme, de prospérité ou a contrario de misère qui entourent ces discours ignorent le visage du pays que l’artiste présente dans ses images. Et c’est là que réside leur force. 

Catégorie : Expos Futures FR
Posté par : cms_museephoto

Les photographies de Vincent Catala ne coïncident pas avec les représentations classiques, voire officielles, du Brésil. Les stéréotypes lumineux de joie, de rythme, d’exotisme, de prospérité ou a contrario de misère qui entourent ces discours ignorent le visage du pays que l’artiste présente dans ses images. Et c’est là que réside leur force. 

Île Brésil procède d’une expérience de longue durée. L’instant décisif est ici une construction lente et élaborée qui se confond intimement avec la vie du photographe, résidant au Brésil depuis quinze ans. Ces dix dernières années, il a patiemment radiographié les trois environnements principaux où il s’est enraciné. Le premier se situe dans la Zone Ouest de Rio de Janeiro, une périphérie distante des représentations habituellement associées à Rio. Le deuxième se joue dans le Grand São Paulo, l’immense périphérie circulaire de la plus grande ville d’Amérique latine.

Le troisième a pour cadre Brasília (et son hinterland), une capitale miniature et périphérique par définition. En photographiant « l’infra-ordinaire » d’un monde désormais devenu le sien, Vincent Catala nous entraîne dans les marges anonymes des trois principales villes brésiliennes. Inlassablement parcourus à pied, en moto ou en bus, ces territoires ni misérables ni riches, immenses et peu densément peuplés, sont des espaces que l’on retrouve partout au Brésil, bien qu’ils ne soient jamais montrés. Dans ces lieux sans frontières ni centres, le sentiment d’isolement n’est pas seulement géographique, mais aussi subjectif, mental. La métaphore de l’insularité semble omniprésente. On éprouve la sensation d’une attente, peut-être d’une fatalité. Comme un instant figé avant l’imminence d’une éruption. De quoi s’agit-il ?

Vincent Catala ne cherche pas à répondre à cette question, bien qu’il l’énonce dans ses photographies. Dans un texte puissant qu’il a consacré à Île Brésil, l’écrivain brésilien João Paulo Cuenca propose une explication. « Dans le pays qui n’a pas fait sa révolution et refuse de transformer définitivement en Histoire son
passé esclavagiste et ethnocidaire, le progrès est une illusion, les droits ne sont pas garantis et le désespoir n’explose jamais. Les habitants sont comme prisonniers d’un présent permanent, sans conscience du passé ni projection vers un futur véritablement neuf. »

Entre protocoles rigoureux de prise de vue et errances instinctives, Vincent Catala capte l’ambiguïté d’un pays- continent où la lumière éclaire autant qu’elle occulte. Les territoires traversés, pièces complémentaires d’un même puzzle, restituent la temporalité dilatée et la complexité du projet. Une installation audiovisuelle, réunissant son et image animée, prolonge et élargit l’univers visuel dépeint par l’auteur.

 

Vincent Catala convoque dans sa pratique photographie, texte, vidéo et installation sonore. Membre de l’agence VU’ de 2014 à 2026, il vient de rentrer en France après avoir vécu et travaillé quinze ans au Brésil. Dans ses commandes comme dans son travail personnel, il aborde les rapports de l’individu à son espace et rend compte de leurs représentations subjectives : solitude, résilience, liberté... Sensible aux approches dans la durée, il s’intéresse à des territoires spécifiques, à la fois très définis mais complexes, qui donnent à voir une certaine représentation du monde, et où se joue l’idée d’une universalité à travers des rencontres et une géographie donnée. Ainsi des marges anonymes d’un Brésil partagé entre une fatalité nourrie d’atavismes anciens et un désir profond de changement. Cette recherche prend la forme d’un travail de long cours intitulé Île Brésil, qu’il développe de 2013 à 2023 dans les trois régions périphériques où il vit et travaille successivement : la Zone Ouest de Rio de Janeiro, puis le Grand São Paulo, et enfin le district fédéral (Brasília et ses villes satellites).
Régulièrement publié (M Le magazine du Monde, Télérama, Fisheye, Revista ZUM), son travail a fait l’objet de diverses expositions à Paris, Amman, Rio de Janeiro, São Paulo, Tbilisi, Braga et Cadaqués. En 2015, il intègre la collection permanente du Musée d’Art Moderne de Rio de Janeiro (MAM/RJ). Lors de l’édition 2017 de Paris Photo, la Galerie VU’ présente une partie de son travail sur le Brésil. L’Institut Moreira Salles (IMS/SP) fait de même deux ans plus tard à São Paulo. Les éditions Dunes consacrent une monographie à la série Île Brésil en octobre 2025.

 

Avec le soutien de l’ambassade de France en Belgique et de l’Institut français. Dans le cadre d’EXTRA, programme de soutien à la création contemporaine française en Belgique.

logos-amabassade-alliance-05-2026

Debut: 23/05/2026
Durée: 
Fin: 27/09/2026
ReserverAvantLe: 
EnMontage: 
Date Vernissage: 23 mai à 18h30
Type: -1
Public: -1
AutresDates: 
Âges: 
Français: 
Anglais: 
Néerlandais: 
alzheimer: 
malvoyants: 
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Vincent Catala, Île Brésil, 2014-2024 © Vincent Catala

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