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Publié le jeudi 18 février 2021

Dans le murmure des voix intérieures de Peter H. Waterschoot

Le fauteuil dans cet ancien dancing n’a rien d’inquiétant en soi. Mais l’arrêt sur image et le cadrage nous font penser à ce qui se passe derrière les portes, à ce que la musique de ce lieu est censée couvrir. Il ne propose aucune histoire et ne fait jamais allusion à un personnage réel ou fictif. La seule lecture envisageable est celle qui provient de ces cadrages qui font appel à nos propres interprétations.


Les choses les plus banales sont teintées d’une note bizarre sur laquelle on ne peut pas mettre le doigt. On sent que quelque chose se passe, quelque chose de troublant juste en deçà de la surface, comme derrière un rideau. Ce n’est pas une menace réelle, mais simplement le sentiment d’inquiétude, de solitude que l’on a quand on pense à ces lieux de transit qui sont en rupture avec notre quotidien, où l'on oublie le monde.


Les techniques par lesquelles le photographe crée ce sentiment sont diverses. Les effets de lumière ont un rôle essentiel dans l’atmosphère qu’il réussit à créer. Il s’agit, en général, d'éclairages présents lors des prises de vue. Ils sont comme des mélodies très lentes créant un contraste puissant entre les tons dominants et le sujet des images. Les sujets qu’ils soient en intérieur ou extérieur participent au sentiment d’isolement par leur cadrage minimaliste, l’absence humaine et les détails d’usure, marquant ainsi les moments les plus touchants de ses immersions. Derrière la surface de l’image innocente se cachent des choses inconnues et troublantes proches de la photographie de l’intime et des poésies visuelles de Masao Yamamoto, Eiki Mori ou encore Rinko Kawauchi… telle une chronique d’une solitude annoncée.

 

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Peter H. Waterschoot
De la série Sunset Memory © Peter H. Waterschoot